Exposition Yumiko Igarashi à la Japan Expo

Pour la venue de Yumiko Igarashi, une exposition rendait hommage à sa carrière. Analyse d’un contenu limité mais révélateur.

Pas de photographies présentées ici – était-il seulement autorisé d’en prendre ? – juste des impressions mitigées. Non seulement car elle n’occupait qu’un faible espace, mais aussi et surtout car les œuvres présentées avaient de quoi déstabiliser le visiteur.
Cette exposition proposait deux types de contenu : des illustrations officielles signées Yumiko Igarashi, et des produits dérivés sortis en France.

Du côté des illustrations, nulle trace de Candy Candy et de Georgie, pourtant ses deux œuvres emblématiques. Le public pouvait se consoler avec des représentations de Mayme Angel, et découvrir au passage qu’elle avait adapté en manga La Petite Sirène et Anne la Maison aux Pignons Verts.
Pourquoi cette absence de titres aussi célèbres ? Parce qu’il s’agit de deux séries pour lesquelles elle n’a réalisé que les dessins, le scénario étant du fait d’autres auteurs. Malheureusement, Yumiko Igarashi semble avoir la mauvaise habitude de considérer qu’un personnage qu’elle dessine lui appartient, même si le personnage en question a été imaginé par quelqu’un d’autre ; ainsi, elle a plusieurs fois par le passé profiter financièrement de ses travaux sur Candy Candy et Georgie, sans rétribuer comme il se doit les autres ayant-droits. S’en sont suivi des procès, et des blocages des droits. Cela n’a pas empêché Georgie de sortir en France en manga et en DVD, mais car le scénariste avait donné son aval et y trouvait son compte financièrement ; mais sans cela, interdiction de représenter les personnages. Quelques rumeurs circulent sur une possible sortie du manga de Candy Candy chez un éditeur français, mais là encore, la scénariste aura probablement eu un besoin d’argent…
Tout cela pour dire que ceux qui ont souhaité voir cette exposition pour ces deux séries cultes n’ont pas du bien comprendre pourquoi elles manquaient, alors que les autres titres présentés n’avaient certainement pas leur notoriété.

Du côté des produits dérivés, constat inverse : grand retour de Candy et de Georgie, au travers de produits dérivés à la légalité douteuse. Outre des finitions parfois grossières, et des noms des personnages apposés à des représentations guère ressemblantes, la vitrine présentait notamment une VHS probablement enregistrée à la télévision à l’époque de sa diffusion française, avec comme jaquette un vague article de magazine découpé. Des produits provenant probablement d’une collection privée, mais qui ne respiraient pas particulièrement la légalité, alors qu’en parallèle les illustrations officielles étaient tenues de se limiter à certains titres spécifiques.

Pour ceux qui se posaient la question de savoir si l’exposition impliquerait Candy Candy et Georgie, la réponse est oui, mais pas à travers les (magnifiques) illustrations proposées, lesquelles s’en tiennent à des séries beaucoup moins connues. La présence de produits dérivés aux faux airs de contrefaçon vient jeter le trouble dans une exposition dédiée à une mangaka sulfureuse, dont les déboires avec la justice n’ont décidément pas fini de faire parler d’elle.

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