Le Shôjo Manga : Histoire et Analyse

Le site Mangaverse a publié dernièrement le compte-rendu d’une conférence intitulée : « Le Shôjo Manga : Histoire et Analyse« , présentée lors du dernier FIBD d’Angoulême. A notre tour d’analyser cette analyse.
Il s’agit sans aucun doute d’une bonne entrée en matière, les intervenants revenant sur les éléments clés de l’histoire du shôjo, mais aussi sur ses spécificités et sur les causes de ces spécificités, comme la narration éclatée. Néanmoins, deux aspects me chagrinent un peu : des points présentés comme des faits mais que j’estime plus proches de l’interprétation, et surtout une analyse superficielle, en particulier concernant le marché français.
Intéressons-nous à ces différents reproches. Évidemment, je vous invite dans un premier temps à lire le compte-rendu de la conférence.

¤ Un Côté plus Adulte : Selon cette retranscription, l’apparition d’un ton adulte dans le manga proviendrait d’une forte influence de l’Occident. Mais je pense que l’explication se trouve ailleurs. Après la guerre et jusqu’à la fin des années 50, nous pouvons considérer qu’il existait deux marchés parallèles dans l’univers des manga : celui des éditeurs tokyoïtes et des magazines de publication – auquel appartenait Osamu Tezuka, et qui visait le jeune public – et celui des librairies de prêt. Ces deux marchés possédaient leurs propres mangaka, mais pas tout-à-fait le même public ; celui des librairies étaient constitué de clients plus adultes, et tout naturellement, les auteurs se sont adapté. Cela leur a permis d’écrire des histoires plus sombres, et d’employer ouvertement des thèmes moins enfantins : ainsi apparu le gekiga, ou « image dramatique ». Avec le temps, les librairies de prêt ont été supplantées par d’autres loisirs tout aussi abordables, et leurs mangaka se sont tourné vers le marché principal ; ils s’appelaient Hiroshi Hirata (Satsuma), Yoshihiro Tatsumi (L’Enfer), ou encore Sanpei Shirato (Kamui-den), et avaient emporté avec eux le gekiga. Leur style plus adulte a progressivement influencé les autres mangaka, et même un auteur comme Osamu Tezuka – à l’origine fortement opposé au gekiga – a fini par se laisser prendre au jeu. Que cela se ressente aussi dans le shôjo n’a rien de bien étonnant, à mon sens ; mais il faut aussi noter que les attitudes les plus extrêmes présentées dans les shôjo, jusqu’à la fin des années 70, se retrouvaient presque toutes dans des histoires ne se déroulant pas au Japon, comme si le pays était incapable de les engendrer (Très Cher Frère ferait presque figure d’exception).

¤ Shôjo d’après-guerre : Un point que je trouverais pertinent de développer, mais seulement survolé lors de la conférence. Dans l’histoire du manga, il y a un avant et après Osamu Tezuka. C’est incontestable. Après la publication de ses premières œuvres et la naissance du story manga, les autres mangaka ont commencé à copier son style, et les lecteurs à réclamer du story manga (peu d’œuvres écrites dans un style plus traditionnel y ont survécu). Sans parler de toute une nouvelle génération qui s’est lancé dans la profession sous l’impulsion du Maître. Seulement, ses apports se sont longtemps limités aux shonen, le shôjo ne subissant pas ces changements ; le story manga n’était d’ailleurs pas considéré comme pertinent pour les shôjo.
Le nombre de mangaka – presque tous de sexe masculin – a fortement augmenté, mais les éditeurs n’avaient pas la place de tous les accueillir ; le shonen est devenu particulièrement concurrentiel, mais pas le shôjo. Nous pouvons presque dire que le shôjo a assumé le rôle poubelle pour le shônen, car de nombreux artistes n’arrivant pas à percer se sont rabattus sur ce secteur beaucoup moins attractif. Des noms aussi célèbres que Shotaro Ishinomori (Cyborg 009), Tetsuya Chiba (Ashita no Joe), et Leiji Matsumoto (Ginga Tetsudo 999) ont commencé comme mangaka de shôjo, avant de connaître de belles carrières dans le shonen.
Puis, Osamu Tezuka est arrivé, en 1953, avec Ribon no Kishi. Ainsi, l’histoire s’est répété, cette fois dans l’univers des shôjo. Plus tard, des femmes allaient arriver – certaines encore étudiantes – et accaparer le commandement du shôjo, s’estimant plus à même de comprendre le lectorat féminin.

¤ Tezuka et Takarazuka : La bisexualité, voire l’ambiguïté sexuelle et le travestissement, appartient aux classiques du shôjo. Dans la conférence, cette particularité est expliquée par le succès au Japon des troupes de Takarazuka, une forme théâtrale où tous les rôles sont assumés par des femmes, et qui attirent essentiellement un public féminin. Je pense aussi qu’il s’agit de l’origine du phénomène, même si je ne m’étendrai pas sur les raisons de son succès. Par contre, le compte-rendu de la conférence indique que, pour Osamu Tezuka, présenter dans son célèbre Ribon no Kishi une héroïne travestie relève de la facilité – montrer une fille se comportant comme un garçon, donc comme ses héros habituels – et qu’il s’agit d’une coïncidence heureuse si cela trouvera un écho chez les lectrices puis chez les femmes mangaka. Pour moi, c’est oublier un peu vite que Osamu Tezuka a vécu à Takarazuka – la ville d’où cette forme théâtrale est native – et que sa mère faisait parti des fans du genre, emmenant régulièrement son petit Osamu à des représentations. Comme coïncidence, cela me semble un peu fort. D’autant que l’auteur n’a lui-même jamais caché son attachement au Takarazuka.

¤ Des Yeux Énormes : De nombreux préjugés sur les shôjo ont la vie dure, et parmi eux, aucun plus que celui des yeux énormes des personnages. Pour les conférenciers, cela correspond à une envie de provoquer un attachement chez le lecteur envers les personnages (un peu comme le moe). Mais Frederik L. Schodt, auteur d’un des premiers ouvrages de référence sur les manga, possède une autre théorie, à laquelle j’accroche bien plus. Selon lui, les yeux sont utilisés par les mangaka comme un miroir de l’âme, à travers lequel s’expriment les sentiments des personnages. Or, les sentiments sont bien souvent au centre des shôjo. Dans les classiques des années 70, ceux qui ont posé les bases du shôjo moderne, les yeux ne sont pas seulement grands : ils sont aussi minutieusement détaillés. Ainsi, augmenter artificiellement la taille des yeux permettait, dans le même temps, d’augmenter le nombre de détails, et avec eux la représentation des sentiments des personnages ; un phénomène inutile dans les shonen, puisque les protagonistes s’y expriment essentiellement au travers de leurs actions, là où le shôjo contient de nombreux non-dits qui pourraient avoir du mal à se ressentir autrement.

¤ Romances Lycéennes et Publications en France : Ce dernier point regroupe en réalité de nombreux reproches. A la fin de la conférence, il est question des shôjo dits atypiques sortis par des éditeurs français. A travers ces exemples, il y aurait énormément à dire sur le marché du shôjo en France.
Ce marché est dominé par les shôjo romantiques, qui se déroulent en particulier en milieu scolaire. Néanmoins, il serait idiot de limiter le shôjo à cet aspect bien spécifique. Comme indiqué, il existe des titres bien différents tout en demeurant des shôjo, mais si les conférenciers ont peu d’exemples à nous donner, cela vient tout simplement des choix des éditeurs français, qui se cantonnent à ce seul secteur.
Cela m’a bien amusé d’entendre des responsables de Akata – éditeur officiellement très orienté shôjo – prétendre que le futur du manga en France serait shôjo ou ne serait pas. En réalité, Akata ne vaut pas mieux que les autres, et s’enferme exactement dans le même créneau. La vérité, la voilà : il existe des œuvres bien différentes des amourettes lycéennes, mais leurs rares représentants en France ont été publiés – pour la plupart – voilà une dizaine d’années. Depuis, les éditeurs prennent des risques limités, et accumulent les clones. Dans le lot, il existe bien évidemment de très bonnes œuvres ; mais aussi beaucoup de titres médiocres – voire pire – alors qu’il reste énormément de shôjo cultes à éditer.
Banana Fish, Basara, X, La Rose de Versailles, RG Veda, Très Cher Frère, Angel Sanctuary, Tokyo Babylon, ou encore 7 Seeds : ce sont des shôjo, même si dans l’esprit de nombreux lecteurs, ils n’en font parti car ils ne ressemblent pas aux titres les plus connus et caricaturaux que nous proposent les éditeurs français.
Le shôjo dans les librairies de France et de Navarre, c’est souvent la même chose, et hormis quelques rares tentatives, cela ne semble pas sur le point de changer. A bien y regarder, ce qui arrive aux shôjo est parfaitement représentatif du marché du manga en France dans son ensemble. Dans un podcast de Mangavore, un des intervenants fait la remarque suivante : « Il y a 10 ans, nous étions peu nombreux, mais nous lisions de tout. Aujourd’hui, les lecteurs sont nombreux, mais lisent toujours la même chose ». Je pense qu’il s’agit d’une vision simpliste : si les lecteurs se cantonnent à des genres spécifiques, c’est que les éditeurs les submergent de titres appartenant aux genres en question, et qu’ils n’ont pas forcément le temps et les moyens – après avoir acheté tous ces manga – d’aller voir au autre chose ; alors qu’il y a 10 ans, comme il y avait peu de sortis, nous étions obligés d’être curieux et de faire des expériences, si nous voulions notre dose de manga. Dans la situation actuelle, les éditeurs n’ont d’ailleurs plus le choix que de persévérer dans cette voie jusqu’à avoir fait le tour de tout ce qu’ils pouvaient sortir, puisque s’ils arrêtent, ils se feront bouffer des parts de marché par la concurrence. La majorité des lecteurs n’ont pas la possibilité d’essayer autre chose, sans même parler d’envie ; et si les éditeurs voulaient vraiment lancer de nouvelles tendances, il leur faudrait prendre des risques et miser de l’argent, ce qu’aucun n’en envie de faire par peur d’un échec ; tandis que s’ils réussissent, les autres vont les singer… Un jour, ils n’auront peut-être plus le choix, mais dans l’immédiat, cela veut dire se concentrer sur les auteurs qui fonctionnent et sur les auteurs qui ressemblent à ceux qui fonctionnent ; cela se ressent d’autant plus avec les shôjo, où chaque nouveau titre donne parfois l’impression de copier le précédent.


La dernière partie me laisse plutôt sceptique. J’aurai aussi tendance à dire que le public aime bien retrouver ces habitudes. Et les échecs commerciaux que sont Basara, Banana Fish, 7 Seeds me poussent dans ce sens. Quand à la Rose de Versailles, il n’y aurait eu le DA, ça ne se vendrait sûrement pas. X et Tokyo Babylon étant du Clamp, c’est un peu hors-jeu vu le fanatisme qui tourne autour de ce studio.
Sauf que, pour CLAMP, il a bien fallu commencer quelque part. De mémoire, le premier de leur manga publié en France devait être RG Veda ; c’était bien un shôjo. Le reste a suivi.
Basara n’a pas si mal marché que cela, mais 7 Seeds constitue effectivement un flop.
Avec 07-Ghost, Dolls ou Silver Diamond, Kazé Manga a tendance à sortir des shôjo s’éloignant de la romance. Mais ils ont classé 07-Ghost en shônen, Dolls en josei (tout en basant leur pub sur le fait qu’il se rapproche de certains seinen) et Silver Diamond était attendu du public s’intéressant au BL. De même, Soleil a classé plusieurs titres shôjo plus portés sur l’action dans une collection nommée Gothic, où sont regroupés des shônen et des shôjo. Pour ma part, je comprends ce choix, vu que la majeure partie du public français semble persuadé que le shôjo se limite à de la romance.
Trinity Blood chez Kana.
« Si l’ambiguité vient de l’éditeur japonais avec des mangas à la croisée des genres, c’est un choix éditorial de notre part de le faire basculer dans l’une ou l’autre des catégories. » – Yves Schlirf.
On est en 2011 et c’est dingue qu’on ait encore besoin de débattre sur un sujet finalement aussi vide de sens – quittes à viser le grand public, quelle est la pertinence de conserver un classement shônen/shôjo/seinen/whatever en France ?
> mais aussi beaucoup de titres médiocres – voire pire – alors qu’il reste énormément de shôjo cultes à éditer.
La politique éditoriale des éditeurs français ces dernières années a été, dans les grandes lignes, un gâchis sans nom. Aucune volonté d’éduquer le public, le lui sortir les clichés de la tête, ou de lui inculquer les bases du patrimoine.
Ialda >> Il a peu, j’aurais pu dire que cela donnait des indications quant au contenu du titre, mais avec un public confit dans ses préjugés – du genre « shôjo = manga gnangnan qui se passe au lycée » – je pense effectivement que cela devient superflu, car les lecteurs et les éditeurs n’aiment pas trop ce qui sort des cases ; donc un shôjo qui ne se passe pas au lycée, ça les perturbe…
This is machine translation, so this may be meaning obscurity.
Sorry. ( I am Japanese.(´・ω・`))
By the way —–
Do you know Oizumi salon?
Do you know a cartoonist called Hagio Moto and Takemiya Keiko who gathered at this salon?
Thin place is Roots of a Japanese shojo manga.
Well, I have to admit that I don’t know Oizumi salon. But Moto Hagio and Keiko Takemiya, yes, of course, even tough none of them are published in France ; I have to buy american editions to read them (I’m a huge fan of Terra e…).
Do Oizumi salon have a link with the Year-24 Group ?
That’s right.
Ohizumi salon was the place(= appartements) where the Year-24 Group got together.
They are Moto Hagio, Keiko Takemiya, Ryoko Yamagishi, Yukiko Kai, Yumiko Ohshima and many other famous shojo manga artist.
In the 1970s, they has caused a major shift in shojo manga.
They have pioneered new fields, for example SF, fantasy, nonsense comedy, BL and etc.
If you get a chance, please try the work of Hagio.
I wish the work of Hagio is introduced in France.
By Moto Hagio, I read a book with a lot of short stories : « A Drunken Dream and other stories » (an american edition). I also saw the animated version of 11-nin Iru.
In fact, there is no mangaka from this group who are published in France. Riyoko Ikeda, maybe, but I don’t think she was in the Year-24 Group…
« Old » manga don’t sell much in France. Presently, a editor try to publish Ashita no Joe and Cyborg 009, but they don’t sell well… It’s even harder for old shôjo, although some of them have an animated version which were broadcasted in the eighties. We have Versailles no Bara, Onisama e…, Aishitte Knight, and Hikari no Densetsu will be published in a few months. That’s all
Riyoko Ikeda was one of the Year-24 Group, but I think it’s only 24-Gumi published in France. In english, I read Moto Hagio, Keiko Takemiya and Yasuko Aoike (with Eroica Yori Ai wo Komete). There are very few old shôjo manga in France.
I think Riyoko Ikeda isn’t included in Year-24 Group strictly. Year-24 Group was member of Ohizumi Salon. Probably. : -)
But Ikeda is same generation.
I think there are a lot of good works for old shojo manga. (Of course, there is also a lot of something excellent in the present works.)
If there is a chance, please also read Thoma’s heart (Tohma no shinzou : pure BL story) and Poe’s clan (Poh no ichizoku : vampire’s story). I think , there are encounters with new storys.
If you read these works, you can feel an interesting work. I’m happy.
I would like to read these mangas, but as you can see, I can’t read japanese ^^’ And these works won’t be published in France
Hi,
Since my podcast is quoted in the comments, even if I’m a little late, I wanted to dive in the discussion which is very interesting.
Regarding the old shojo, I think you forgot Yumiko Igarashi with Georgie, Candy Candy or Heidi which have been published in France. Each of them in differents times but the threee of them did not sell good, regardless the date of release (early in the manga maket for Candy, in the « golden age » for Georgie, lately for Heidi).
You really can’t say that publisher do not try to « educate » the audience. they are, for instance, publishing brillant seinen manga or major shojo manga and the audience sticks with the mainstream title. The example of Basara is obvious. Despite its numerous qualities, this title has a disturbing drawing so the French audience did not buy it.
Moto Hagio and Keiko Takemiya are basis of shôjo manga and publishers are dying to publish them, but they know that if they do so, they must be prepared to sell less than 500 copies each (most probably around 300).
Blaming the publisher is pointless because, in fact, customer is the king. HE decides what to buy and what to not buy. HE decides to read Blazer drive because it looks like Naruto whereas he could try to read Jojo’s Bizarre Adventure which is one of the most incredible shonen ever.
Even in the BL I see that. Recently, Tonkam announced the future release of Piyoko Chitose (hardcore BL). On Manga-news, the reaction were basically all the same « Tonkam should be ashamed to release such explcit manga with no scenario… … … but I’m mortified ’cause I have to admit I will buy it ! » See my point ?
Regarding the overwhelming production, the publisher are indeed in a wrong path by releasing each month more and more mangas at the same time. But it is a hard choice because if you don’t buy the licence, another publisher will. And since the readers always ask for more (see the example of the BL’s readers which are never satisfied with the number of releases and want more.
In France you can read shôjo, shônen, seinen, BL, horror, yonkoma, seijin, joseimuke… you can’t say that publishers do not try new markets.
About the « Big eyes », I totally agree with your point. However, even if it is probably the main reason for this drawing feature, you can’t ignore the one developped in the conference. After all, the moe is the proof it is a little right. And nothing forbid your explanation and their to be both true !
One other point I wanted to answer is your point of view concerning Tezuka. Once more, I think you are quite right but they are two. I mean, you are absolutely right with « Tezuka loves Takarazuka too » but I think it is nonetheless a « happy coincidence ». I mean, I think in « Ribon no kishi », Tezuka did not choose the disguise thing because he wanted to « make takarazuka since it’s popular ». I think it was indeed an easy way for him to make an heroin because he could make her act like a hero since she was dressed like a boy.
My last point is just an information, since you disagree with Akata’s talks in the conference you may be happy to know he should be the next guest in our podcast, so you can leave him a message or a question on our answering machine if you want !
Have a nice day every one,
« he could try to read Jojo’s Bizarre Adventure »
>> No he can’t. You see, I wanted to read this manga, but didn’t buy it in the right time. Now, the first volumes are out of stock, and my friends told me I should not try Stone Ocean without reading the beginning…
Désolée, je ne réponds pas en anglais cette fois-ci, mais je voulais juste donner une précision au niveau de Jojo…
Gemini : J’ai lu pas mal de messages de fans à ce sujet, qui précisent que Golden Wind et Stone Ocean sont suffisamment indépendantes des premiers 46 volumes pour être lues à part. Malheureusement, Tonkam n’a plus les droits pour le début de la série et rien ne dit qu’il les renégociera un jour.