Ces hommes qui lisaient des shôjo

Les rédacteurs de Alice au Pays des Shôjo étant majoritairement des hommes – lesquels ont parfois dû faire face à des réactions amusées à cause de leurs lectures – il convient de poser cette question essentielle : que pensez-vous des hommes qui lisent des shôjo ? Question à laquelle nos rédacteurs ont essayé de répondre.

Avant de commencer, nous pouvons déjà nous demander si les amateurs de shôjo représentent une part importante de ce lectorat.
Concernant le Japon, la réponse semble être négative ; la Shueisha publie sur son site un ensemble de statistiques concernant leurs différents magazines, et quand nous nous intéressons spécifiquement à leurs principales publications shôjo, il s’avère que seuls 1% des lecteurs de Betsuma sont des hommes, 0,1% pour Margaret, et 0% pour Ribon. Des chiffres qui s’expliquent peut-être car les Japonais assumeraient plus facilement d’acheter les volumes reliés que les périodiques, mais là n’est pas la question. Car malgré tout, ces chiffres parlent d’eux-mêmes.
En France, le public semble plus ouvert, comme l’attestent les rédacteurs de ce blog communautaire, ou les auteurs du Manga 10.000 Images spécial shôjo qui devrait sortir cette semaine.

Pour autant, comment sont considérés ces hommes adeptes des manga destinés à l’origine aux jeunes filles ? Tentative de réponse.

Gemini

Il y a quelques temps – une éternité – j’avais exprimé mon désappointement face à une tendance nouvelle (mais heureusement mort-née), voulant que les lecteurs masculins de shôjo seraient appelés des Otomen, du nom du manga éponyme. Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas ce manga, il raconte l’histoire de Asuka, un homme « avec des goûts de fille » – communément appelé Otomen – adepte de la cuisine, de la broderie, et des petits bijoux fantaisies ; et cette attitude passe notamment par la lecture de shôjo. Donc, si les lecteurs de shôjo deviennent des Otomen, cela signifie qu’ils ont des goûts de fille, dans tous les domaines ? C’est réducteur. Et sexiste ! Pour les deux sexes… Déjà que le lectorat féminin se remet à peine du cas Tohru Honda (Fruits Basket), la fille qui aime les tâches ménagères par dessus tout…

Toujours est-il que, selon l’éditeur français des deux titres susnommés, Otomen a provoqué un véritable phénomène de société au Japon, poussant au passage de nombreux hommes à assumer leur passion pour les shôjo. Néanmoins, les statistiques présentées en haut de l’article semblent attester du fait que l’éditeur en question a quelque peu enjolivé la situation.
Surtout, cela n’arrange rien pour les lecteurs de shôjo, que ce manga – ouvertement parodique et exagéré, ce que beaucoup semblent avoir oublié – assimile nécessairement à des hommes se conduisant comme des stéréotypes sur patte.
Bien que cela semble exagéré, cette affaire soulève en tout cas le fait que les lecteurs masculins de shôjo ne semblent pas forcément bien vus dans le Pays du Soleil Levant, même si les statistiques – très incomplètes, car ne prenant en compte que les périodiques et non les volumes reliés – indiquent qu’ils ne représentent qu’une infime minorité.

Et dans les pays francophones (je ne m’avance pas pour le reste de l’occident) ?
Je n’ai pas l’impression que les lecteurs de shôjo soient mal vus, ni même qu’ils se fassent forcément rare. Il suffit de voir qui sont les rédacteurs de ce blog : la pauvre Tata – nos autres éléments féminins n’ayant pas encore publié d’article – doit se sentir bien seule entourée de toute cette testostérone et de Drig. Ou alors, c’est juste le fait de connaître autant de lecteurs – qui lisent de tout avant de lire des shôjo en particulier – qui me donne cette impression.

Seulement, quand j’y réfléchis : pourquoi les amateurs de shôjo sont-ils perçu comme des lecteurs comme les autres ? Les Français – je n’oublie pas nos amis Belges et Canadiens – seraient-ils moins sexistes que les Japonais ? Sincèrement, je ne pense pas… Quand j’étais enfant, il ne faisait pas bon dire que nous regardions Candy, Sailor Moon, et même Juliette je t’aime (à cause du titre) ; pour Sailor Moon, j’assumais totalement, mais je ne regardais même pas le reste….
Et je me souviens, quand Tonkam proposait son magazine de pré-publication de shôjo avec une forte connotation « lectorat féminin » (cela se sentait dans les couvertures et les articles de « fond »), je m’étais un jour retrouvé avec des amis lorsque j’achetais mon numéro, et cela les avait bien fait rire…

Non, vraiment, je pense que le public français vaut bien le japonais… La différence vient d’une méconnaissance autour des shôjo, tout simplement. A la base, le terme shôjo représente la cible démographique des manga associés à ce nom : les jeunes filles. En soi, nous imaginons mal des hommes – adultes ou non – acheter des produits destinés aux jeunes filles, voire estampillées « jeune fille » comme cela se fait au Japon. Seulement voilà : les éditeurs français ont conservé le mot « shôjo » – qui n’avait aucune signification pour le public occidental – et l’ont assimilé plus ou moins à une forme de genre axé sur les sentiments. Là se fait toute la différence ; quand un homme va acheter un shôjo, il n’achète pas un manga destiné aux jeunes filles mais bien un manga appartenant au genre shôjo. Lequel genre n’existe absolument pas, mais qu’importe ! Certes, les couvertures arborent souvent des teintes roses, et dans la conscience des lecteurs cela reste traditionnellement associé à un lectorat plutôt féminin, mais cela ne va pas plus loin. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que le grand public ignore tout des shôjo ; tout au plus, il sera gênant de lire dans le métro une série avec un peu trop de rose sur la couverture.

Maintenant, imaginez que le mot « shôjo » soit remplacé par « jeunes filles ». Les lecteurs apparaitraient-ils de la même manière aux yeux de leur entourage ? Ces mêmes lecteurs oseraient-ils aller acheter leurs titres favoris en librairie ? J’en suis beaucoup moins sûr. Si la majorité des gens – et j’inclue aussi les lecteurs de manga eux-mêmes – savaient que ces séries visent exclusivement un jeune public féminin, je reste persuadé qu’ils verraient les choses différemment, que les amateurs leur paraitraient comme des pervers ou des désaxés. Ce serait comme lire Twilight, Daniele Steel, ou la collection Arlequin.

En l’occurrence, la méconnaissance permet aux lecteurs d’assouvir leur passion pour les comédies romantiques, mais pas que puisque sous le mot « shôjo » se cachent d’innombrables types de récits, souvent mis à la même enseigne ou tout simplement exclu de la catégorie « shôjo » par de nombreux lecteurs (comme X de Clamp). Évidemment qu’il existe de nombreux lecteurs de sexe masculin qui ne conçoivent pas de lire un shôjo par peur de devoir remettre en cause leur virilité, mais je ne crois pas qu’ils constituent la majorité du public, et je les invite à reconsidérer leur opinion avec des titres comme Basara ou Angel Sanctuary.
Alors merci les éditeurs d’avoir garder le mot « shôjo » même s’il n’avait aucune signification pour nous : cela nous a bien laissé tranquille.

Ialda

Que penser des hommes qui lisent des shôjo ? Il est révélateur de voir que cette question semble plus volontier étonner et susciter le débat que son envers, à savoir la question du public féminin accro à Prince of Tennis, Death Note ou Jojo. Soit, pourquoi pas.

De toute temps, le public masculin, de préférence celui jeune des ado ou immédiatement post-ado, encore tout ébaubi de se retrouver subitement avec des poils sur le torse, s’est posé la difficile question de l’image qu’il devait envoyer au monde de sa propre masculinité. Autrement dit, tout faire pour ne pas se retrouver affubler de l’étiquette de la tarlouze de service dans la cour de récréation. Que voulez-vous, les enfants, ces êtres quasi-animaux dénués de conscience, de sensibilité et de force morale (autant de qualités qui, au même titre que les varices, poussent avec l’age), les enfants donc sont des êtres cruels.

A notre époque de large accès au matériel made in Japan, accès hélas dénué des facteurs limitants qui auraient pu exister il y a de ça plusieurs années et qui auraient assurés la fonction de triage du bon grain de l’ivraie parmi les postulants-otaques, l’otakuisme est plus que jamais une régression. Il était donc logique de retrouver cette tendance, qui plus est surmultipliée, chez un certain public de fans, laquelle aime volontier à se peindre comme étant hardcore, in et au fait des dernières séries servant principalement à vendre du rêve en plastique (c’est à dire de la fig en PVC).

Ce public avouera plus facilement – et fièrement – se taquiner l’asticot devant la dernière série surhypée à la mode plutôt que de se retrouver pris la main dans le sac à feuilleter une revue montrant en couverture de beaux éphèbes aussi épilés que dénudés en train de suivre d’improbables cours de rattrapages dans l’art de déguster la crème fouettée à même le torse de son partenaire. Que voulez-vous : notre siècle techno-beaufisant, où les vidéos idiotes sur youtube ont remplacés leur équivalents télévisuels, repue d’amis-fastfood sur facebook et droguée au culte de l’information immédiate via twitter, a adopté l’esthétisme des corps flasques de la culture geek et fait définitivement fi de la beauté immortelle des corps-à-corps viriles.

A l’instar de ce que l’on a pu voir pour un Princess Tutu ou un Shôjo Kakumei Utena, dont les couvertures aux reflets rose-bonbons suffisent à éclipser aux yeux du public toute la somme de leurs indéniables qualités intrinsèque, le shôjo manga a pour principal défaut d’être ontologiquement connoté fille. On ne peut d’ailleurs pas totalement critiquer la prévenance du public à cet égard, et il y aurait beaucoup à dire sur le caractère rétrograde et anti-féministe d’une partie de la production shôjo – caractère d’autant plus critiquable et destructeur puisque ladite production s’adresse en priorité à un public de jeunes lectrices. Mais de même que le shônen manga possède son lot de chef-d’œuvres et d’auteurs cultes, le shôjo possède aussi les siens, lesquels restent hélas toujours aussi méconnus; et ce n’est pas parce que l’on s’adresse au public féminin que l’on est idiot. Je ne vois pas de contradictions entre le fait d’être un homme et d’apprécier des titres tels que Onmyouji, Princesse Kaguya, The Top Secret, 7 Seeds, Le cortège des cent démons ou Vampire Miyu, et le sexe n’empèche en rien d’apprécier une oeuvre pour sa démarche esthétisque, poétique, sensuelle, bref « différente » de thèmes classiques archi-connus. A condition d’être un minimum curieux et ouvert d’esprit (patient, peut-être aussi), le shôjo recèle de nombreuses petites perles à apprécier, que l’on soit homme ou femme.

The Drig Overmind

Les hommes qui lisent des shôjos qui tâchent ? Tous des pédés! La teu-hon! ils lisent des BD pour gonzesses et regardent des dessins animés pour gamines… c’est genre comme aller regarder Twilight, quoi!
Je me souviens, le siècle dernier, il fallait voir Sailor Moon en cachette !
Bah oui, c’était la honte de voir une série qui présentait des gamines en uniforme sailor qui batifolaient en montrant leur petite culotte et se transformaient (avec toujours une phase de transformation à poil!) pour finir avec une jupe *encore plus courte* en laissant voir les cuisses et les sous-vêtements… et il y avait les lesbiennes qui se tripotaient aussi… bref… Les hommes qui regardaient Salior Moon c’étaient des tafioles! (et ne parlons pas de Candy, considéré comme *encore pire* que les feuilletons pour ménagère de moins de 50 ans)
Les vrais hommes regardaient Les Chevaliers du Zodiaque, avec Shun et son armure rose avec des seins qui s’allongeait sur Hyoga pour le « réchauffer » … (et il y a aussi une autre scène où, je ne me souviens plus si c’est Hyoga ou Shun qui dorme avec Kiki en le serrant dans ses bras hmm)
Bon … trêve de conneries, qu’est-ce que je pense des hommes qui lisent des shôjos-qui-tâchent ? Bah, moi je pense que c’est bien enfin.
S’ils lisent du shôjo ça veut dire qu’ils ont muri et passé le cap de la lecture des gros shônen à rallonge, bien plus facile d’accès.
En effet, si vous allez chez votre libraire spécialisé (parce que vous êtes des gens bien qui payent pour leurs manga et non pas des sales pirates pedorristes terrophiles de l’internet qui vont mourir de cancer des yeux à cause de lire des scans tout moches sur des sites pas légaux), vous allez voir tout une bande de jeunes garçons et petites filles, dont vous faites peut-être partie, qui sont là à suivre les shônen d’hier et d’aujourd’hui (Dragon Ball, Naruto, Bleach). Peu importe que les japonais considèrent ces œuvres comme pour « jeunes garçons » ; en France, garçons et filles, petits et moins petits lisent ces œuvres. En effet, les grands succès de Shônen Jump et autres magazines concurrents, se démarquent par une prise en main et une lecture très facile et accessible, ce qui en fait des œuvres idéales pour introduire les nouveaux (indépendamment de leur âge et leur sexe) au 9ème art japonais.
Les shôjo, par contre, se présentent déjà plus difficile d’accès. Non seulement leurs couvertures roses-bonbon, pleines de peluches et de téléphones portables feront peur au jeune public masculin, mais aussi, leur esthétique et leur narration souvent très déstructurée rendent la lecture moins accessible pour le reste.
Il faut dire aussi que, historiquement, la bande dessinée franco-belge était un domaine très masculin. Si petits garçons et petites filles lisaient (et lisent encore) Astérix, Spirou et les grands classiques, ceux-ci présentaient des héros masculins et, à part Yoko Tsuno et autres cas qui se comptent sur les doigts d’une main, les filles dans la BD avaient souvent le rôle des « potiches » à la Falbala. La BD pour « plus grands » était presque exclusivement masculine dans son public et ses thèmes (Polar, SF, Pirates, Westerns, Guerre…)
Donc, je pense que le public français n’avait pas une prédisposition pour toutes ces BD roses kawaii que les éditeurs ont fait venir du lointain orient. Pour les adopter il a fallu se débarrasser de ces préjugés « machistes » sur la BD, prendre du recul pour déchiffrer et adopter les nouveaux codes graphiques et narratifs et aussi, vu que ces BD nippones ont pour cible primaire les jeunes (et moins jeunes) filles japonaises, il a fallu un travail d’adaptation et de compréhension culturelle (la situation de la femme au Japon étant bien différente de celle de la femme en France).

Pour résumer, là où le shônen pour tous nous présente des aventures racontées de façon claire avec des valeurs proches de nos toutes puissantes et universelles valeurs occidentales (chauvinisme inside), le shôjo-qui-tâche a besoin de plus de réflexion et de compréhension pour la lecture (notez bien que j’ai écrit « pour la lecture », c’est à dire, pour le déchiffrer d’un point de vue d’occidental qui a grandi avec une BD presque exclusivement masculine, je ne parle pas du fond de l’histoire qui peut être bien niais et mauvais).
Lire des shôjos c’est élargir son esprit à d’autres cultures et d’autres manières de penser (même si « filles » et « penser »… voilà quoi… ). Pour un public franco-belge, ça exprime une certaine maturité, de dépasser le cap du « tout masculin » dans la BD. Heureusement ce cap devient de plus en plus facile à franchir. En effet, grâce au métissage culturel dans le 9ème art qui a produit l’importation de la BD nippone, on assiste aujourd’hui a l’apparition d’une nouvelle génération d’auteurs de BD féminins qui sont en train de briser ce mythe de la BD « men’s only » en apportant une touche « girly » que ce soit dans des BD pour tous comme pour des œuvres qui s’adressent principalement au public féminin (ex. Pénélope Bagieu, Madeleine Martin).
Conclusion : lisez du shôjo (en plus de vos shônen habituels).

6 Comments

  1. Article intéressant dont j’ai particulièrement apprécié le paragraphe de Ialda, tant dans les propos que dans la rédaction.

    Il est marrant de constater qu’au final, un garçon qui lis un shojo, on se pose la question du pourquoi du comment, alors qu’une fille qui lit du shonen, ça passe pour quelque chose de totalement « normal » au final. Ça me fait penser aux pantalons aussi : Une fille qui met un pantalon, pas de soucis, un garçon qui met une jupe, quelle idée ! Bon ok, la métaphore est poussée un peu loin la, j’avoue.

    J’ai trouvé la description du terme shojo par Gemini des plus intéressantes également, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle la…

    Bref, je n’ai pas grand chose de constructif à dire, mais merci pour cet article.

  2. Plumy : la métaphore n’est pas idiote, on en avait discuté longuement avec une amie et c’est un faite indéniable que les habits pour femmes sont largement plus variées que pour les hommes (rien que par le faite simple qu’une nana qui s’habille comme un mec ne dérange plus). Mais on peut aller beaucoup plus loin en parlant tout simplement des divers vêtements féminins variés, des coupes de fringues parfois aux antipodes les unes des autres, alors qu’un tee-shirt ou un jean pour mec il n’y a pas 36 façon de le faire :( .

    Gemini : t’es gay

    Sympa l’article dans l’ensemble, bien écrit et pas idiot. J’aime beaucoup l’illus de Sailor Moon SANS Usagi, c’est assez rare pour être noté.

  3. Bon, ben j’ai pas eu le temps d’écrire, jle fais quand j’y pense :x . En tout cas, c’est quoi ces illustrations rose bonbon? Le shojo, c’est pas que ça… Je réclame le quota Please save my earth et Très cher frère! Au nom de la Ligue des Trolleurs Poilus Réunis! (LTPR)

    Aer : si c’est le cas, je suis un mec alors *_* * fait l’hélicoptère, va poursuivre toutes les fifilles jeunes et jolies de son quartier et faire des répèt pour faire des baybays*

  4. Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais qu’il y allait avoir un article de publié sur Alice en rapport avec les statistiques délivrées par la Shueisha. Plus fort que l’intuition féminine, l’intuition du Teletubbies. o/
    En tout cas c’est un article vraiment très intéressant que vous avez écrit. J’ai vraiment pris plaisir à lire vos différents avis – d’ailleurs, je me demande même si je ne vais pas venir reposter un commentaire dans les prochains jours, afin d’exposer mon avis sur ce sujet.

    Sinon Gemini, changes toutes les images de cet article ! ‘Tain MOAAAR SAKURA !! Kyaaaaaaaa~

  5. C’est vraiment bizarre, parce que j’ai l’impression que la majorité des filles que je fréquente ne sont pas trop fans des romances shôjo. Finalement, lorsque je parle « shôjo+romance », j’ai plus souvent affaire à un lectorat masculin. Ou alors, c’est la concurrence du BL ? XD

    Je suis moyennement surprise par les résultats de Shueisha, dans la mesure où je trouve que le classement des mangas au Japon fonctionne plutôt « par public ». Mais je ne sais pas si le public français aurait adhéré à un classement du genre, « tu es un garçon/une fille de 10/15/25/85 ans, tu trouveras plutôt ton bonheur ici ». La BD franco-belge fonctionne beaucoup plus par thèmes (BD policière, BD SF, BD d’aventure, BD humoristique…). Par conséquent, le classement japonais « par public » est progressivement devenu un classement thématique dans l’esprit des lecteurs/éditeurs français. Le problème est que shônen, shôjo, seinen, josei, BL… ne correspondent pas un classement thématique au Japon. Cela conduit donc à un mauvais usage du classement japonais et à une vision réductrice des différents genres de manga, notamment le shôjo. Finalement, le shôjo est assimilé à de la romance par de nombreux lecteurs français, alors que la romance n’en est qu’une partie il est vrai importante. Cependant, certains éditeurs français créent des collections manga où ils mélangent les genres pour baser le classement sur autre chose. Il y a par exemple la collection « Gothic » de Soleil, qui regroupe du shônen et du shôjo autour du thème « fantastique sombre/glauque » je dirais. C’est le seul nom de collection qui me vient à l’esprit, mais il y en a sûrement d’autres.

    Bon, avec tout ça je m’éloigne du sujet… Bah, la séparation me paraît artificielle, dans la mesure où je pense la même chose des filles ou des garçons qui lisent du shôjo. Cependant, j’essaierai de trouver autre chose à dire.

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